Des signes pour interpréter le paysage
Héloïse KrobAu sein des espaces naturels, nous pouvons rencontrer différents types de signalétique, dont la signalétique d’interprétation. Elle sert à mieux comprendre le lieu en lui-même, à délivrer des informations sur les différentes composantes (historiques, biologiques, géomorphologiques, culturelles) de son paysage. Cette signalétique peut être ponctuelle, c’est à dire informer sur un élément donné, ou rassemblée en un point précis, ou encore se dérouler le long du circuit — chaque signalétique se rapportant à un élément précis du paysage et se structurant autour d’un même thème. Créant un espace de porosité entre le lieu et les randonneurs néophytes, les sentiers d’interprétation permettent de nous donner des clés de lecture, pour comprendre ce que l’on voit, in situ. J’aime l’idée que ces parcours soient une proposition d’accès au savoir, que l’on peut approcher à notre guise, selon notre propre curiosité. Dans ces dispositifs, je vois un geste à la fois humble et généreux, une volonté de créer un contact, un lien entre le visiteur et le lieu. Ces mobiliers me posent cependant bon nombre de questions sur le rapport entre le sentier d’interprétation et l’espace naturel, qui sont traitées dans ce mémoire : nous revenons sur les origines et les auteurs du discours que portent ces mobiliers, puis nous interrogeons sur les limites posées par leur matérialité physique, et sur l’expérience de nature que permet le sentier d’interprétation : le sentier dans son format classique apparaît comme une expérience mettant le visiteur à distance de la nature. Enfin, nous explorons à travers une étude de cas, la capacité qu’ont certains sentiers d’interprétation à aménager une rencontre proactive entre le visiteur et la nature.