Formes à sens unique – Analyse de la signalisation routière
Emma BerthaudLa signalisation routière est un objet foncièrement public : si c’est le langage des automobilistes, elle a depuis longtemps quitté la route et régit les déplacements au cœur de la ville. Manifestation exemplaire du pouvoir législatif, elle incarne dans la ville les institutions et leur impartialité. Pour remplir au mieux sa mission législative, elle se doit donc d’être compréhensible par tous, mais surtout « objective » et « neutre ». Mais les formes et les signes du Code de la route sont en réalité issus des théories du graphisme européen du milieu du XXe siècle. Ce sont les témoins de la construction d’un réseau routier international normalisé, qui uniformise les écritures graphiques locales. À l’heure d’un ralentissement et d’un retour au local nécessaires, certaines villes accompagnent des initiatives pour une signalétique à échelle humaine. C’est le cas de Paris et du projet la Fabrique Saint-Blaise mené par Fabrication Maison dans le 20e arrondissement, qui propose des alternatives pour un langage de la particularité et un espace commun écrit au pluriel comme au singulier.