Mirabilia
Le merveilleux comme chemin vers la connaissance Julie Brouant"Mirabilia: Ce mot ressemble à une formule magique. En cherchant à savoir ce qu’elle recèle, je découvre pêle-mêle la Licorne, la Mandragore, les Onocentaures, la Serra, les Feuilles vivantes, les Cynocéphales, le Caladrius, la Fontaine de jouvence, les Feux grégeois, l’Arbre du soleil et de la lune… Autant de créatures, plantes et phénomènes qui se déversent sans ordre ni hiérarchie. Ce mot est un coffre aux mille trésors. Je suis fascinée par la prodigieuse diversité de ce qu’il contient. Puis l’étonnement laisse la place à la curiosité et à la recherche de sens : d’où viennent ces créatures ? Comment sont-elles nées ? À quoi servent-elles ? De coffre, ce mot devient vaisseau qui m’embarque pour des horizons lointains, sur les traces des premiers grands explorateurs. Car à ma plus grande surprise, là où les Mirabilia apparaissent le plus, ce n’est pas dans les récits fictifs, les contes et les légendes : mais bien dans les récits de voyage et les livres de connaissance du monde produits au cours du Moyen Âge. Ces ouvrages ont pour nom Miroir du monde, Imago Mundi, Livre du Trésor… Il en existe de toutes sortes, des récits de voyages imaginaires ou réels, des compilations dans un esprit encyclopédique, écrits en latin ou en vernaculaire, en vers ou en prose. Tous ont en commun la présence de ces Mirabilia, et surtout, l’émerveillement de l’auteur face à ce qu’il décrit. Je découvre que, sans le savoir, c’est précisément cela que j’ai ressenti à la découverte de ces Mirabilia : de l’émerveillement. Et, plus important encore, cet émerveillement m’a poussée à vouloir en connaître davantage. Poussée par la curiosité, je tente avec ce mémoire de définir comment le merveilleux peut devenir un chemin vers une certaine forme de connaissance. »